06 novembre 2009
Lettre ouverte à Mme Rouillon, maire de Saint-Ouen
Lundi 2 novembre, biffins et habitants solidaires se sont rassemblés devant la mairie de Saint-Ouen, où se tenait le conseil municipal.
Avec leurs banderoles, ils réclament haut et fort des emplacements, puis se rendent dans la salle du conseil, où Mme Rouillon, maire de Saint-Ouen, leur promet de pouvoir prendre la parole en fin de conseil. Paroles, paroles, paroles !
Ben le biffin lui adresse cette lettre ouverte :
Bonne nuit Madame le Maire,
Madame le Maire, perturbée, désarçonnée par les cris des biffins manifestant leur colère au -dessous des fenêtres de sa mairie, mise K.O. par les coups de boutoir répétés des élus d’opposition de droite qui entre autres lui rappellent qu’il y a des biffins au fond de la salle de conseil qui attendent la fin des délibérations de l’ordre du jour pour intervenir comme leur a promis Madame le Maire. Ayant l’air d’être sortie de l’ivresse des profondeurs, elle n’en pouvait plus ; elle décide d’envoyer les biffins à ses adjoints qui à leur tour rempilent et quittent la salle sous la colère et les huées des biffins, de certains adjoints et de quelques citoyens assistant au conseil municipal de ce lundi 2 novembre 2009.
Il est minuit passé. Quel spectacle pitoyable et quelle dérobade ! On croirait rêver ! : des élus d’opposition de droite défendant et soutenant des biffins qui sont venu et ont attendu jusqu’à cette heure tardive non pas pour demander la charité mais des espaces côté Saint-Ouen pour permettre aux biffins restés sur le carreau d’exercer leur activité. On ne rêve pas et on a l’impression de marcher sur la tête.
Continuant à manifester pacifiquement devant la mairie, trois quart d’heure après minuit, après s’être presque faits jeter de la mairie, je dis bien presque, manu militari, les biffins étaient blessés dans leur âme, toujours méprisés, se dispersaient vers une heure du matin en promettant à Madame le Maire Rouillon une lutte sans merci, une campagne active dans sa propre campagne des Régionales qui s’approchent.
Ils reviendront manifester dans le calme, le pacifisme, la légalité. Oui. Ils reviendront lors des conseils municipaux, expliquant dans les marchés de Saint-Ouen, du 18ème, aux citoyens, la politique sociale menée par une élue de gauche, oubliant les pauvres et les méprisant. Une politique sociale qui n’est que zéro de chez zéro. Madame Rouillon, petite sœur des pauvres, les biffins n’iront pas pleurer et prier à notre dame des sept douleurs. Malgré que ces petites gens qui sont marquées à vie par le fer rouge et qui n’ont eu qu’une vie pauvre en joie et riche en misère, leur cri et leur manifestation, vous l’entendrez où que vous irez. Son écho résonnera dans votre salle de conseil et criera urgence.
Madame, les biffins vous le jurent par les cornes du diable que les citoyens audoniens seront au courant de votre mépris pour ces petites gens et vous le feront savoir dans les urnes. Car beaucoup de biffins, Madame, habitent Saint-Ouen et beaucoup parmi eux s’acquittent de leur devoir civique.
Arrêtez Madame le Maire vos calculs d’apothicaire et ouvrez votre cœur pour que ces pauvres gens puissent retrouver le sourire pendant ces fêtes. Ce marché, qui appartient avant tout aux biffins, ce marché historique qu’on aime, ce marché oublié par les Dieux et les politiques se relèvera des ses cendres et reprendra, grâce aux biffins, sa vocation essentielle et traditionnelle : être au service des nécessiteux sans parler du côté convivial gravé dans le cœur des gens qui le fréquentent.
Enfin, Madame le Maire, nous vous suggérons d’oublier ces réflexes politiques pavloviens qui consistent à mépriser les pauvres et de sortir de ces pratiques stériles qui ne vous font que vous engluer dedans et de prendre des décisions qui vous honorent et vous font respecter et aimer par vos citoyens.
01 novembre 2009
Pour les sans place, la mobilisation continue
Pour que d’autres espaces soient créés d’urgence pour les biffins, entre autres sur la commune de Saint- Ouen, Sauve-qui-peut et le Comité de soutien appellent à un nouveau
RASSEMBLEMENT
lundi 2 novembre à 18H
(rendez-vous sous le pont de la Porte Montmartre)
25 octobre 2009
D'autres espaces pour les biffins : rassemblement de soutien
Ces dernières années, la répression policière à l’encontre des biffins était devenue de plus en plus violente et injuste. Aujourd’hui, la mairie du 18e apporte un début de réponse avec le « Carré aux biffins » sous le pont de la Porte Montmartre, mais ce carré ne compte que 100 places pour plus de 600 vendeurs : il laisse donc la majorité sans place, en proie à une répression qui s’annonce encore plus violente et injuste qu’auparavant.
Dans notre société de consommation et de gaspillage, le travail de recyclage des biffins est écologiquement indispensable, et d’autant plus légitime en période de crise où il est très utile aux acheteurs pauvres... et/ou écolos !
Et c’est tout simplement pour survivre que les biffins ont besoin de ces places ! Des espaces devraient leur être attribués partout où le besoin s’en ressent (belleville, montreuil, vanves…)
C’est pourquoi nous appelons à nous rassembler pour que d’autres espaces soient créés d’urgence pour les biffins, ENTRE AUTRES sur la commune de Saint Ouen.
RASSEMBLEMENT
Lundi 26 octobre à 19h
Rendez-vous sous le pont de la Porte Montmartre
23 octobre 2009
Week-end du 17 octobre, premiers jours du "carré"
Ce samedi 17 octobre était le jour d’ouverture du « carré des biffins ». Témoignage d’un biffin :
« Arrivé à 4 h du matin, j'ai cru qu'il y avait eu un couvre-feu sur l'avenue de la porte Montmartre... Habituellement, à cette heure-ci, le long de l'avenue et les deux côtés sous le pont du périphérique étaient remplis de biffins ! Sans parler de derrière l’hôpital Bichat ! Mais, ce jour, le samedi 17 octobre, c'était vide, enfin presque... Quelques acheteurs et biffins avec leurs caddies, valises, etc., qui papotaient, voire critiquaient ce carré de la honte. En tout cas, la distribution de tracts par la mairie a eu un effet... exemplaire... comme leur putain de « carré ». Un peu avant 6 h, une voiture de police se positionne au bout de la barre de Nerval, du côté de la rue Louis Pasteur-Valléry Radot. Et j'en conclus qu'ils sont là pour dégager les voitures qui se trouvent sur l'emplacement du bus d'AURORE (AURORE, c'est l'association qui est chargée de gérer le carré de la mairie).
Bien sûr que toutes les personnes présentes et voulant vendre se sont précipitées à la porte du bus et réclamaient une place... Pendant ce temps, quelques (30-40) biffins, particulièrement roumains et asiatiques, occupaient l'espace derrière Bichat. Mais plus pour très longtemps... car entre 6 h 30 et 7 h,
13 cars de CRS se garèrent le long de l'avenue, côté pair, et commencèrent à dire aux biffins qui avaient déballé leurs trouvailles de la semaine de remballer et de partir ! J'ai même vu 2 CRS se moquer ironiquement d'un couple de vieux Chinois et dont la femme pleurait de peur, sûrement et également, je pense, qu'allaient-ils devenir sans ce marché qui doit être tout ce qu'ils ont pour manger... ?
Durant tout le week-end, il y a eu beaucoup de places vides dans le carré (49 samedi à 10 h 30, 33 à 15 h 30...). Il y a juste le lundi vers midi que « seulement » une vingtaine de places restaient vacantes.
EN PARLANT REPRESSION, il y eut donc 13 cars de CRS samedi, un peu plus le dimanche et le lundi, bizarrement, il y en avait moins des fois et beaucoup plus à d'autres moments de la journée.
Disons donc, 15 à 20 cars de CRS + les agents de sécurité de la mairie de Paris, une dizaine à pied et 6 à moto + flics du commissariat du 18e arrondissement + flics en civil + bien sûr, nos amis les RG qui se seraient vexés si on ne parle pas d'eux...
= en tout et pour tout, plus de 100 flics pour 100 places !!!! C'est gerbant, dégoûtant, merci M. Vaillant de protéger les biffins, mais ils ne vous ont pas demandé de dépenser tout cet argent du contribuable pour de la répression, mais plutôt pour organiser des marchés pour les biffins.
En ce qui concerne Saint-Ouen, les flics de la mairie circulaient beaucoup notamment rue « de La pisse » (rue Neuve-Pierre-Curie) et les flics tout court, eux, ont verbalisé quelques biffins rue Lécuyer, histoire de leur faire peur et de mettre la pression.
La suite au prochain épisode... »


Tout au long du week-end, l’association Sauve-qui-peut et le Comité de soutien ont manifesté leur soutien aux « sans place ». Ils sont en effet quelque 500 sur le carreau !


Une table pour signer la pétition a été installée, avec quelques boissons chaudes. Biffins et acheteurs (habitants, passants) vont s’y rencontrer, parler, les seconds soutenant les premiers, et signer.

Le Comité de soutien a aussi installé au sol un carton, la place 101, où étaient proposés des livres aux titres en phase avec la situation.

Samedi, de midi jusqu’à 5 heures, bravant la pluie qui, par intermittence, nous arrose, Guyom Touseul est venu avec ses chansons et ses généreux amis musiciens. Un grand merci et un immense bravo à :
Guyom Touseul et Mamzelle Pouet
Petites Choses Fragiles
Nouhouh
Marina Trueba
Marino
Akim-Reubeu des Bois.
13 octobre 2009
Les 100 places, oui, mais les sans place ?
SOUTENONS LES SANS PLACE !
Ces dernières années, la répression policière à l’encontre des biffins était devenue de plus en plus violente et injuste (violences verbales et physiques, piétinement et saisie sans inventaire de la marchandise, etc.). Les biffins sont des gens qui, n’ayant que très peu de moyens pour vivre, récupèrent des objets trouvés qu’ils vendent en périphérie du marché aux Puces officiel de Saint-Ouen. Contre cette répression, ils ont monté une association (Sauve qui peut) et luttent déjà depuis plus de 3 ans. Ils pensent que l'argent public dépensé pour réprimer les biffins pourrait très largement servir à organiser de petits marchés — satisfaisant autant les vendeurs que les habitants.
Aujourd’hui, la mairie du 18e apporte un début de réponse avec le « Carré aux biffins » qui ouvre le 17 octobre sous le pont de la porte Montmartre. Oui, mais voilà. Ce carré ne compte que 100 places pour plus de 600 vendeurs, la crise économique et la répression policière sur les autres marchés aux puces parisiens (Belleville, porte Montreuil, porte de Vanves…) aidant à l’accroissement du nombre des biffins de la porte Montmartre.
Si le « Carré aux biffins » permet à quelques-uns de bénéficier de meilleures conditions de vente,
il laisse la majorité sans place, en proie à une répression qui s’annonce encore plus violente et injuste qu’auparavant.
NON À LA RÉPRESSION DES SANS PLACE !
D’AUTRES ESPACES POUR LES BIFFINS !
Et si on reprenait là où on s'est arrêté ?
En résumé, d'avril 2009 à aujourd'hui :
Avril
Au cours d’une réunion publique du préfet de police à la mairie du 18e arrondissement, le 29 avril, Daniel Vaillant, maire du 18e, annonce une solution pour les biffins « historiques, en accord avec leur association » (comprendre : Sauve-qui-peut), mais… que tout le quartier serait dès lors rigoureusement interdit aux
« marchands à la sauvette » venus de tout Paris et banlieue semer la désolation.
Fin avril, le projet de « carré des biffins », « marché officiel », est présenté par Gérald Briand (adjoint chargé des affaires sociales et de la lutte contre l’exclusion à la mairie du 18e ) et Afaf Gabelotaud (adjointe chargée du commerce, de l’artisanat et du développement économique à la mairie du 18e).
Les informations transmises sont vagues. Le périmètre serait, de toute façon, limité au pont du périphérique porte Montmartre. Il y aurait 104 emplacements (nécessité de couloirs pour les piétons de 3 mètres), susceptibles d’être étendus à 150 voire 200 en cas de bon fonctionnement. La gestion serait confiée à une association, en coordination avec Sauve-qui-peut (mais aucune structure n’est pressentie pour le moment). Des travaux sous le pont (éclairage notamment) seraient effectués, ce qui porte la mise en place à septembre.
Mai
Le Comité de soutien aux biffins envoie un courrier à Daniel Vaillant, maire de l’arrondissement : « Pour ce qui la concerne, la Mairie du 18e doit cesser immédiatement de contribuer à la répression par la mise à disposition de la benne. Elle doit, de concert avec la police, tolérer l’activité des biffins sur un espace déterminé, par exemple sous et devant le pont du périphérique et sur le long terre-plein situé entre l’hôpital et le périphérique (rue Louis Pasteur-Vallery-Radot) et en préserver, dans le même temps, les abords des bâtiments, voies d’accès et aires de stationnement de l’avenue de la Porte Montmartre, de la rue Gérard de Nerval, ainsi que le mail Binet. »
Répression
En mai, la police se concentre sur les vendeurs de neuf. Elle ne verbalise pas, mais fait une liste des objets saisis sans en remettre copie aux biffins.
Au début de la semaine du 25 mai, des habitants du quartier lancent appel à manifester le samedi 30 mai à 8 heures, mail Binet, contre la présence des biffins.
Samedi 30 mai : une vingtaine d’habitants du quartier de la porte Montmartre se sont progressivement regroupés sur le mail Binet, manifestant pour certains une claire volonté de chasser les vendeurs par la force (présence d’un balai et de plusieurs chiens). Aucune présence des pouvoirs publics autre que celle d’un policier en civil, bien intentionné mais totalement impuissant. L’association Sauve-qui-peut et le Comité de soutien aux biffins s’efforcent de dialoguer et d’éviter des heurts et y parviennent pendant plus d’une heure. Mais des « manifestants » devenant de plus en plus violents, non seulement à l’encontre des biffins qu’ils insultent et dont ils renversent les objets, mais aussi des passants qui s’opposent à leurs voies de fait, les biffins installés sur le mail se replient sur le terre-plein situé entre l’hôpital Bichat et la rue Louis Pasteur-Vallery-Radot.
Dimanche 31 mai
F. Pigeon (adjointe chargée de la politique de la ville et des services publics) et M. Lacasse (adjoint chargé de chargé de la citoyenneté et de l'accompagnement scolaire), présents sur le mail Binet, téléphonent à la police pour demander qu’ils jouent un rôle de médiateur, dès le lendemain. Deux véhicules de police arrivent, s’ensuivent des échanges entre élus et policiers.
Frédérique Pigeon indique qu’elle va faire en sorte que des médiateurs soient présents la semaine suivante.
Juin
Début juin, des rondes des policiers en voiture, mais pas de présence physique. Pas de médiateurs.
Jeudi 4 juin, le maire du 18e, Daniel Vaillant, transmet à la préfecture de police un courrier pour demander des renforts de police sur le mail. Le courrier est largement diffusé dans les immeubles de Paris-Habitat du quartier.
Mi juin (week-end du 13 juin), les policiers interviennent sur le marché des biffins pour saisir et interdire la vente d’aliments et font la chasse aux Roms.
Mi juin, lors d’une réunion en mairie d’arrondissement, le projet de carré est précisé : création d’un « carré des biffins » sous le périphérique : une centaine d’emplacement (voire plus).
Marquage au sol d’emplacements de 1,50 mètres sur 1,80 mètres avec des allées entre les rangées ainsi constituée ; 50 biffins de chaque côté du pont.
Les biffins pourront trouver un refuge ou du repos dans un véhicule. Ils y trouveront thé et café. Une assistante sociale sera là pour écouter les personnes et diagnostiquer les situations soviales (RSA, RMI, CMU, problématique de logement, etc.)
L’éclairage sera revu avant l’hiver ; en juillet une toilette doit être installée. Les plots sous le pont et le stationnement seront enlevés.
Les clauses du cahier des charges semblent ouvertes et à ajuster : horaires à voir ? adhésion à l’association (alors pressentie) « Aurore » symbolique, charte à signer, pas de nourriture, de neuf…Uniquement de la récupération. Autres critères : habiter les 18e, 17e arrondissements ou Saint-Ouen. Avoir 18 ans et un domicile ou adresse.
Sur le terrain … pendant ce temps
Le Comité de soutien assure, presque tous les week-ends, une présence pour limiter l’extension du marché, à distance d’une vingtaine de mètres de la rue Gérard de Nerval, et nettoyer après la journée de vente… Il le fera pendant toutes les vacances.
Le Comité de soutien continue à demander la présence de deux médiateurs.
Il requiert l’ouverture des terrains sur Saint-Ouen pour soulager le quartier de la porte Montmartre.
Le Comité de soutien fait savoir qu’il tiendra pour responsables la préfecture et la mairie pour responsable de tout incident qui pourrait survenir.
Reste la question de la mobilisation de la ville de Saint-Ouen… territoire des Puces !
Quels terrains peut-elle mobiliser pour accueillir les biffins et mettre en place un carré, afin que le quartier de la porte Montmartre ne porte pas « tout » ? Question restée sans réponse…
Juillet
Le 16 juillet, Daniel Vaillant envoie un courrier aux habitants du quartier : « Vous trouverez ci-joint le vœu déposé à mon initiative et adopté à l’unanimité (majorité et opposition) au dernier conseil d’arrondissement. Olga Trostiansky, l’adjointe de Bertrand Delanoë […] y a répondu favorablement le 6 juillet : les carré aux biffins, un espace de vente solidaire, strictement et uniquement limité sous le pont du périphérique [en gras et souligné dans la lettre], avenue de la Porte Montmartre, verra le jour le 1er octobre 2009, avec 100 emplacements marqués au sol, attribués et gérés par une association spécialisée qui assurera la bonne tenue du lieu. » Le texte du vœu étant joint, on peut lire : « […] en proposant la création d’un carré aux biffins sur un espace géographique clairement et strictement limité et délimité, de manière à lutter parallèlement et plus efficacement contre toute occupation de l’espace public pour de la vente à la sauvette au-delà du carré » …
Août
En août, des travaux sont menés sous le pont du périphérique : nettoyage des murets en meulière, peinture des piles du pont, mise en place de l’éclairage.
Sauve-qui-peut envoie un courrier à la mairie de Saint-Ouen pour demander un rendez-vous.
Septembre
Début septembre, le tracé au sol des places du carré officiel est réalisé. Les places sont minuscules… et dans le mauvais sens (en longueur et non en largeur)…
« Le 21 septembre, lors du conseil d’arrondissement, une communication concernant le ”carré des biffins“ est présentée aux élus du 18e.
Daniel Vaillant informe l’assemblée du futur vote, par le département de Paris, pour la signature de la convention entre la collectivité et l’association Aurore, pour la gestion d’un espace d’insertion et de vente solidaire. Le maire et Gérald Briand, après un rappel des enjeux des problématiques de l’activité des biffins (aspect historique, pauvreté, difficile cohabitation avec les riverains) apportent des précisions concrètes : le démarrage du Carré des biffins se fera le 17 octobre, après deux week-end de sensibilisation auprès des vendeurs. Ne seront admis à vendre que les personnes habitant le 17e, le 18e arrondissement ou Saint-Ouen, signant la charte d’adhésion qui les engage à suivre un accompagnement social. Ils ont également réaffirmé que dès la mise en place du Carré, les ventes ne seront plus tolérées dans les rues adjacentes (Louis Paul-Vallery-Radot, avenue de la Porte Montmartre et mail Binet) et que des effectifs de police seront mis à la disposition du maire du 18e, par la préfecture, à cette fin.
Enfin, Daniel Vaillant indique que le coût de cette “opération” s’élevait à ”environ 200 000 euros par an”, comprenant la prestation de l’association Aurore (encadrement du carré, accompagnement social) et les travaux réalisés sous le pont.
Les élus de l’opposition affirment leur soutien à ce projet de carré » (Le Petit Ney, n° 164, octobre 2009).
Octobre
Fin septembre, une réunion a lieu à la mairie de Saint-Ouen.
7 biffinEs sont reçus par le premier adjoint au maire, M. Paul Planque, chargé des finances, de l’administration générale, des travaux et de l’urbanisme, par M. Salvi, directeur général adjoint, chargé de l’action sociale, santé et insertion, par une personne chargée du service artisanat, commerce, tourisme et un autre responsable des affaires économiques. Pour le terrain en pointe, il n’y aurait pas de possibilité de l’utiliser, car la construction d’une extension d’un lycée y est prévue. Cependant, aucun permis de construire n’est présenté suite à la demande du Comité de soutien… Enfin, les élus disent être déjà engagés dans la construction d’une sanisette « digne de ce nom » dans la rue Neuve Pierre Curie.
Le Comité de soutien des biffins, comme il l’a fait avec la mairie de Saint-Ouen, a contacté plusieurs autres mairies concernées pas la question des biffins (mairie du 19e arrondissement, Montreuil, Vanves, etc.), le but la création d’autant de « carrés » qu’il est nécessaire.
29 avril 2009
Contre la "chasse aux pauvres"...


06 avril 2009
Trois membres de l’association des biffins « Sauve-qui -peut » interpellés par la police puis relâchés ce dimanche 5 avril
La police est venue à la Porte Montmartre au moins trois fois saisir et détruire le matériel des biffins vers 16h 30. Lors de la troisième expédition, un certain nombre de biffin-e-s – dont Mohamed Zouari, président de Sauve-qui-peut, victime de saisies répétées – se sont décidé-e-s à demander aux policiers un procès-verbal de saisie. Refus de la Police ; les demandes ont été enregistrées. M. Zouari a déclaré que cette fois-ci, il pouvait se jeter dans la benne avec ses affaires. La foule s’est mise à scander « aux voleurs ! » à l’adresse des policiers. Mme Martine a été interpellée, ainsi que M. Zouari et Mme Marie, et emmené-e-s au commissariat vers 17h. Mme Martine a été saisie de façon brutale et Mme Marie a eu droit aux menottes.
Les policiers nous ont accusé-e-s d’avoir commis outrage et incitation à l’émeute, puis nous avons été entendu-e-s séparément pour dresser procès-verbal. Vaines manœuvres pour nous monter les un-e-s contre les autres en nous prêtant de fausses déclarations des un-e-s sur les autres.
Mme Martine n’a pas reconnu les faits, a fait état du refus opposé à sa demande de procès-verbal de saisie et a signé le PV ; Mme Marie a fait des déclarations similaires, explicitant les violences policières et injures entendues, et a signé le PV ; M. Zouari n’a pas accepté les fausses informations figurant sur le PV, qu’il n’a pas signé.
Vers 18h 30, nous avons été relâché-e-s, après fin de l’interpellation et procédure de vérification d’identité.
Dès l’interpellation, une petite dizaine de biffin-e-s ont lancé l’alerte et se sont mis en marche vers le commissariat pour soutenir leurs collègues et demander leur libération. Six membres du comité de soutien les ont rejoints dans l’heure alors que Marie, Martine et Mohamed venaient d’être relâchés. Les élus municipaux Verts et G. Briant (PCF) ont été sollicités. Sylvain Garel et Pascal Julien (élus Verts) sont venus apporter leur soutien (le premier étant également intervenu téléphoniquement auprès du commissariat).
Sauve-qui-peut et le comité de soutien ont tenu une réunion impromptue. Des rendez-vous ont été pris pour recueillir les éléments juridiques nécessaires à la riposte, sur ce terrain, à l’escalade de la répression à l’encontre des biffin-e-s et particulièrement celles et ceux qui résistent.
15 mars 2009
Sauve-qui-peut et le Comité de soutien appellent les biffins à manifester le 19 mars
13 février 2009
« Monsieur le maire de Paris, Madame la mairesse du 20e arrondissement »
Ce 28 janvier, lors du compte-rendu de mandat du maire de Paris, à la mairie du 20e, Samuel, membre du comité de soutien, voulait s’adresser au maire de Paris ainsi qu’à la mairesse du 20e arrondissement. On ne lui en a pas laissé le loisir. Voici, ici, ses questions :
« Monsieur le maire, madame la mairesse,
Les marchés à la sauvette accueillent de plus en plus de monde (qu’ils soient acheteurs ou vendeurs), c’est ce que j’observe depuis quelques années à Paris dans le 20e à la porte de Montreuil, mais aussi au métro Couronnes, dans le 19e à Belleville, dans le 18e à la Porte Montmartre, à Montreuil, à Bagnolet, à Saint-Ouen. Comme ce petit commerce de récupération, qui ressemble beaucoup à la réalité des mots suivants : tri sélectif, recyclage,commerce solidaire, comme ce tout petit commerce donc est une nécessité en ces temps de crise, de chômage, de précarité, de baisse du pouvoir d'achat, pourquoi y a t'il autant de répression à l’encontre de ces personnes qui vendent pour gagner trois fois rien. Trois fois rien… est-ce déjà trop ? de combien disposent-ils par mois ? ce sont des retraités pour la plupart. Des travailleurs pauvres, toutes des personnes fragiles, du moins économiquement. Pourquoi vous, les maires de ces villes et de ces arrondissements les criminalisez-vous encore et toujours, à travers votre manque de tolérance et votre répression, en leur manquant le respect dû ?
Vous répondez que cela ferait du tort aux commerçants qui ont un numéro au registre du commerce ? que cela n'est pas légal ? que cela est une source de nuisance pour les riverains ? Mais les « restaus du cœur » existent sans faire concurrence aux restaurateurs ! Les accueils d'urgence existent sans nuire aux hôtels !
Il semblerait que tous les efforts soient faits pour empêcher ces marchés, pourquoi ne pas inverser la vapeur… il serait temps… Pourquoi ne pas créer des marchés de la récupération ? Il y a à Paris environ mille vendeurs-récupérateurs, c'est beaucoup pour un seul maire, mais c’est peu pour plusieurs à la fois. Est-ce une utopie de croire que cela est possible et que vous allez le faire ? Merci de m’avoir écouté et par avance merci de me répondre. »







