Les Biffins de la Porte Montmartre (puces de Saint-Ouen)

Les Biffins de la Porte Montmartre (puces de Saint-Ouen)

29 mars 2010

Lettre ouverte d'un biffin à M. Madec, maire du 19e

Lettre ouverte à M. Madec maire du 19e et à son équipe socialisante et courageuse.

Repentez-vous Monseigneur !

Nous les biffins et nécessiteux de l’avenue de la Porte Montmartre sommes venus ici dans votre mairie ni pour lancer un appel au secours comme ce fut le cas le 28 janvier 2008 lors du bilan du maire de Paris
M. Delanoë à la mairie du 20e ni un appel à la raison à la mairie du 18e pour la même occasion le jeudi 15/10/2009. Mais tenez-vous bien, c’est pour lancer une accusation suivie d’une condamnation sans appel et sans bénéfice du doute, car ce dernier doit surtout bénéficier aux indigents, aux innocents d’où notre présence, nous sommes venus leur témoigner et réaffirmer notre soutien indéfectible. Ils ne doutent pas de ce qui se trame derrière leur dos dans les salons feutrés des citadelles dans une atmosphère sentant le mépris : l’indifférence et l’insouciance. Un texte et un vœu rédigés par des seigneurs tapis dans leurs fauteuils et languis dans l’inaction. Ce lundi noir 22 mars 2010, l’équipe municipale d’une mairie tenue par une gauche socialisante, insouciante du sort de ses administrés qui sont dans le besoin et la galère, vote un vœu « Bas Belleville ». Sept « considérations » énumérées dignes d’un procès-verbal de cour d’assises dont voici les principales clauses :
-    Non-respects du droit et du droit du travail, les enfants, les adolescents, les femmes et les personnes âgées vulnérables sont exposés à des personnes dont le comportement est délictueux et cela est peut-être dû à l’abandon de la police de proximité depuis 2007, sans omettre la suppression programmée de 5 000 postes de policiers d’ici 2011 ;
-    Atteinte à la tranquillité des habitants dans les espaces privés (halls d’immeubles) et j’en passe, braquage des commerçants…
Pour commencer, nous vous demandons de reconsidérer vos sept « considérations » et voici pourquoi : d’abord nous ne défendons pas les voyous et les voleurs et nous pensons que toutes ces incivilités et accusations sont en grande partie vraies ; mais le traitement de cet épineux problème ne doit pas être résolu et traité sous un angle politico-politicien et démagogique. Deuxio et droit au but, ce problème existe bien et il faut absolument prendre la bête par les cornes. La démarche engagée par le Sire Madec et ses adjoint(es) aboutira probablement dans une voie de garage et ne fera que déplacer le problème quelques centaines de mètres plus loin et je suis optimiste ; il faut avant tout déchirer le voile du mépris et de l’ignorance, en reconnaissant que sous l’effet de la crise, la précarité n’arrête pas d’avancer sournoisement, ignorant les frontières locales et même internationales. Trouvez une solution à long terme en attribuant à et avec ces petites gens un ou plusieurs emplacements sociaux – ça ne sera pas de trop – afin que ces indigents et ces biffins puissent exercer leur activité en toute légalité sans contraintes, sans peur du gendarme, sans confiscation de leurs maigres trouvailles. Ces pratiques, Sire Madec, sont d’un autre âge et ne vous honorent pas, j’irai même jusqu’à dire, vous discréditent vis-à-vis du reste des habitants et ne vous portent que préjudice et mal considération. Expérimentez un ou plusieurs emplacements, vous et votre équipe vous serez étonnés. Demandez, Sire, le programme à M. Vaillant qui considérait les biffins comme des voleurs de casseroles, vous saurez tout sur l’expérience pilote du 18e menée depuis le samedi 17 octobre 2009. Première du genre en France comme l’a bien souligné et défendu M. Delanoë maire de Paris, en répondant à un habitant lors du bilan 2009 au 18e. Demandez aussi le compte rendu de la première réunion du comité de pilotage du « carré des biffins » du 08/12/2009 et vous serez stupéfait des commentaires des habitants proches du marché de l’avenue de la Porte Montmartre ; toutes et tous louent cette initiative, tout n’est pas idéal mais ce n’est qu’un début. Le miracle est que la police participant à cette réunion dans la mairie du 18e a compris le sens du combat de ces biffins et a demandé même plus d’emplacements et surtout plus d’action sociale pour mieux insérer les biffins qui en ont le plus besoin par le biais de l’association Aurore qui gère le « carré », qui fait ce qui est en son pouvoir et quelquefois plus. Imaginez, Sire, que M. Delanoë et son adjointe Mme Hidalgo ainsi que M. Vaillant et M. Briant, son adjoint chargé entre autres de l’insertion à la mairie du 18e, tous sans exception, ont promis d’étendre l’expérience à d’autres marchés de Paris et de la région. Qu’attendez-vous M. Madec pour prendre les devants ? C’est pour votre bien que je vous demande d’agir vite d’autant plus que la grande majorité de ces vendeurs sont des gens honnêtes préférant fouiller dans les poubelles que sombrer dans la délinquance. Ne les condamnez pas et ne vendez pas votre âme et votre conscience pour une poignée de votants. Donnez-leur un statut légal et un ou plusieurs emplacements définis, ils retrouveront peut-être un jour un peu de respect et de dignité et vous en sauront gré et reconnaissants. La justice et l’humanité peuvent aller de pair et se conjuguer ensemble. Le dénominateur commun doit être la justice pour tout le monde y compris les précaires. Ces gens sont courageux et de mémoire de chiffonniers, je ne connais pas de biffins qui volent les casseroles du moins à ce jour, non plus de pilleurs ou voleurs de poubelles qui s’en goinfrent de poules et autres. Ces gens ont dans leur majorité des familles à nourrir et le peu qu’ils gagnent en biffant ne peut que rapporter un peu de joie et de bonheur à leurs enfants.
Oui, ils sont contents de cumuler ces quelques euros, avec la misère et la privation, ils ne s’en cachent pas, et bienvenue à ces petits euros de plus, contrairement à certains, qui cumulent les mandats électoraux sans se soucier de loin ou de près de leurs proches fragiles et vulnérables. Avez-vous pensé, Sire, à la question ? N’ont-ils pas droit eux aussi à la protection et à l’aide d’autant plus qu’ils ne demandent pas la charité et se comportent en responsables en s’acquittant régulièrement de leurs droits civiques comme tout citoyen qui se respecte. Vous croyez qu’on est à des années lumières de la Cour des Miracles et de la tour de Nesle. Maintenant vous devriez quand même être au courant depuis, que les biffins sont un maillon fort utile et indispensable dans la chaîne de consommation et dans la préservation de l’environnement ; je dis même qu’ils représentent un capital humain précieux à préserver et à protéger ; ils redonnent une deuxième vie à des objets récupérés grâce à leur travail et à la générosité des gens. Rendons leur hommage. Est-ce un crime M. Madec de fouiller dans les poubelles, de recycler et de vendre ??? Ce que je pense et en toute franchise, dans chacun de nous sommeille un biffin : qui n’a pas envie de vendre un jour ou donner quelque chose dont il ne se sert plus ? Qui trouve dans la rue un ustensile ou un objet et passe son chemin sans le ramasser ? Conclusion nous soutiendrons jusqu’au bout, quitte à me répéter, voire harceler et bousculer les consciences, les nécessiteux et les biffins de Belleville et autres. Un soutien indéfectible. Que ce combat pacifique contre la précarité soit mené jusqu’au bout dans la légalité et le respect de tous. Comptez sur nous, Sœur Emmanuelle, nous tenons le flambeau et dans le cadre de la loi de la République nous mobiliserons. Le Cordon ombilical qui lie les biffins à leur cause pacifique ne sera pas rompu. Dormez bien l’abbé et Sœur Emmanuelle et nous vous disons Yallah, l’action qui compte et pas les jérémiades et les complaintes. Je répète c’est l’action dans l’intérêt de tous, oui de tous, sans exception qui prime et avec un peu de poésie permettez-moi de dire que les nuages qui obscurcissent le ciel seront chassés et qu’une ère nouvelle de liberté soufflera sur les marchés de Belleville, de Vanves, de Montreuil sans oublier celui de Saint-Ouen (« Bonjour Mme Rouillon, je pense à vous, la famille s’agrandit et à très bientôt »). Quant aux biffins de l’avenue de la Porte Montmartre même si tout n’est pas rose, ils font tout pour que cette expérience dont ils sont les auteurs réussisse afin qu’elle soit étendue. Nous comptons tous sur le bon sens et rien n’est fini. Je ne suis pas un devin et je ne lis pas dans le marc de café pour annoncer que toute cause juste finira par triompher et que les vrais vaincus seront la misère, l’indifférence et le mépris. Un petit conseil, Sire, si vous le permettez : « Essayez de diversifier un peu votre clientèle. »

Circulez il n’y a rien à voir surtout rien à dire et vive la grande Muette !

Concernant le lundi 22 mars 2010, jour du vote de ce maudit vœu, et après avoir passé le barrage des gardiens de la citadelle municipale du 19e, qui d’ailleurs ont tout fait pour empêcher trois biffins vieux handicapés et dont deux démunis d’assister au conseil « seigneurial », nous avons réussi une pénétration (1) dans la salle du conseil où se dégage une odeur nauséabonde mélangée à une ambiance lourde et malsaine et d’une voix peu rassurante on entend : « Le vote de ce vœu est pratiquement acquis par presque tous même si tout ne sera pas résolu. » Rendons à César ce qui appartient à César, reconnaissons à cet élu son honnêteté ce qui est rare de nos jours. Car le problème sera déplacé quelques centaines de mètres plus loin. C’est-à-dire en haut de Belleville, gauche droite, à vous le choix.
Pourtant on est venu pour protester pacifiquement en espérant un brin d’écoute, empêchés, bousculés et, la cerise sur le gâteau chassés, comme des pestiférés. Le vote de ce vœu est un crime blasphématoire que nous condamnons, il ne fera qu’aviver les passions et accentuer la répression contre les pauvres et ne causera que des dégâts irréversibles ; inquiétude et stress que j’ai subis personnellement, confiscation de mes affaires et objets trouvés comme tous les autres biffins, humiliations endurées et le résultat est là : ulcère de l’estomac et gastrectomie de 2/3 de l’estomac, opération effectuée à l’hôpital Bichat le 23/05/2004 par le docteur Chosidov ; ne m’en demandez pas le numéro du lit s’il vous plaît tout est vérifiable.

Désolé de mêler mon cas personnel mais là l’urne déborde. Malgré tout cela je pose la question à Monsieur, pardon, à Sire Madec : Est-ce que j’ai porté plainte moi, Sire ? Bien sûr que non, cela va de soi.
Les forces de police que vous voulez déployer contre les indigents et précaires ont d’autres missions plus urgentes à accomplir ; elles doivent aller traquer le crime et chasser les vrais délinquants.

Dans le cadre de la loi que nous respectons et dans le respect de tous, un rouleau compresseur sera mis en route contre ces attitudes hostiles aux pauvres et nous promettons un combat pacifique mais ferme et résolu et Yallah.

À tout cœur, Ben le biffin

1 – Pénétration : terme commercial utilisé surtout par les représentants et démarcheurs qui réussissent à rentrer ou pénétrer chez quelqu’un pour lui vendre un objet. Nous ne nous sommes pas déplacés à la mairie pour vendre ou acheter mais pour expliquer et dénoncer pacifiquement le but de notre combat.

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28 mars 2010

Dans le 19e arrondissement, la mairie en guerre contre les biffins

Ce 22 mars, le conseil d'arrondissement du 19e mettait aux voix un vœu (voir ci-dessous texte en italique) pour la répression des biffins de ce quartier de Paris. Ensemble, biffins de la porte Montmartre et de Belleville ont aussitôt réagi :

                Face à M. Madec, maire du 19e, et à la guerre contre les biffins


                Venez nombreux lundi  22 mars au conseil d’arrondissement 19e
                                    5/7 place Armand Carrel 75 019


Oui à L’ORGANISATION D’UN MARCHE SOCIAL DE LA RECUPERATION
Non à LA REPRESSION DES BIFFINS

Les biffins sont des personnes à faibles ressources (voire sans) qui vendent des objets récupérés (en général dans nos poubelles) qu’ils remettent en circulation à portée de bourse de tout un chacun : ainsi ils contribuent à leur manière au recyclage et luttent contre le gaspillage.

M. Madec, nous trouvons votre proposition de vœu franchement nauséabonde
M. Madec, plutôt que de répondre dignement aux besoins des biffins, vous préférez participer à amplifier le mal-être autour de cette question en jouant sur les peurs que peuvent susciter des pauvres qui occupent un espace non organisé (de votre fait) près des habitants. Ce n’est certainement pas une très bonne réponse et manière de régler un problème qui relève de vos propres compétences plutôt que de la police qui a bien assez à faire ailleurs.

Les biffins vous invitent donc à être créatif et responsable sur votre arrondissement pour leur organiser un espace et donner ainsi aux riverains toute la quiétude qu’ils méritent. Cette solution, M. Madec vous honorerait. Pour cela, nous vous invitons donc à prendre contact avec  la mairie du 18e et M. Delanoë, qui n’hésitent pas à mettre dans leur bilan l’organisation sur la porte Montmartre d’un marché pour les biffins.

Nous rappelons que les biffins sont soutenus en premier par les acheteurs et par nombre de personnes et d’associations ainsi que par des partis politique responsables.

M. MADEC
LA REPRESSION NE PEUT ÊTRE UNE SOLUTION
POUR REGLER UN PROBLEME


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Vœu relatif à l’occupation illégale
du domaine public dans le quartier « Bas Belleville »



Depuis plusieurs mois, la place Marcel Achard et plusieurs portions du boulevard de la Villette sont occupés quotidiennement par un « marché sauvage » et « des vendeurs à la sauvette » exposant les habitants de ce quartier populaire à une dérégulation de l’espace public qui ne serait pas tolérée dans d’autres quartiers de Paris et entraînant des dégradations importantes de l’environnement, notamment un amoncellement de détritus en tous genres laissés à même les rues à la fin de l’occupation du site.

Cette dérégulation n’est pas tolérable dans un quartier où les habitants subissent déjà de nombreuses incivilités (stationnement anarchique des véhicules, dépôt d’objets encombrants sur le trottoir, privatisation sauvage des trottoirs par certains commerces…). Il est inacceptable de leur donner le sentiment d’un renoncement des pouvoirs publics face au « fait accompli » de groupes organisés en marge du droit, y compris du droit du travail.

La Ville veille naturellement à faciliter l’accès des populations précaires ou très modestes aux biens de consommation, en lien avec le réseau associatif, mais dans des cadres appropriés : politiques sociales, partenariat avec Emmaüs Défi qui a déjà permis l’ouverture d’un « bric-à-brac » de quartier rue d’Aubervilliers…

Aussi, le conseil du 19ème arrondissement condamne sans ambiguïté l’installation de ce « marché sauvage » et exige de la Préfecture de Police son démantèlement.

Mairie du 20e - Conseil d’arrondissement du 28 janvier
Conseil d’arrondissement du 19e

Séance du lundi 22 mars 2010

Vœu relatif à la tranquillité publique dans le 19e



Considérant que le droit à la tranquillité et à la sécurité est reconnu par la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen et que le non respect de ces droits constitue une inégalité sociale supplémentaire ;
Considérant que les habitants du 19e ont le droit à la protection de l’Etat et des fonctionnaires de Police qui dépendent de lui ;
Considérant que les enfants, les adolescents, les femmes ou les personnes âgées sont parmi les plus vulnérables à la « loi du plus fort » imposée par certains comportements délictueux ;
Considérant que l’abandon en 2002 de la Police de proximité par le Ministre de l’Intérieur de l’époque, confirmé par le Président de la République et le gouvernement depuis 2007 ainsi que la suppression programmée de 5000 postes de policiers d’ici 2011, dans un contexte d’approfondissement de la crise économique et sociale du pays, se traduisent par une aggravation et une généralisation des atteintes à la tranquillité des habitants dans les espaces privés (halls d’immeubles) et publics ainsi que celle des commerçants victimes de très nombreux braquages ;
Considérant que la « politique du chiffre officiel» imposée aux fonctionnaires de police s’est traduite sur le terrain par un désengagement des missions les moins médiatisées mais qui sont souvent les plus pénalisantes pour la population ;
Considérant que la Ville de Paris et la Mairie d’arrondissement, bien que démunies de pouvoirs de police, mobilisent des moyens sans précédent en soutien aux clubs de prévention, aux structures de prise en charge sanitaire de la toxicomanie ou par la mise en place d’équipes de correspondants de nuit, dans un contexte de désengagement du gouvernement des politiques de prévention sociales, éducatives et culturelles ;

Considérant que la Mairie du 19e est engagée dans une démarche partenariale et constructive de coproduction avec les services de la Préfecture de police, qui va se concrétiser par la signature de son contrat local de sécurité le 1er Avril 2010 ;
Le Conseil d’Arrondissement du 19e émet le vœu que la Préfecture de Police et le Gouvernement prennent la mesure de la dégradation de la situation en matière d’atteinte aux droits des habitants du 19e de vivre en sécurité et dans le respect de leur intégrité physique, psychologique et matérielle et mobilise les moyens publics d’investigation et d’intervention nécessaires.

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12 mars 2010

Chroniques d'un biffin

« Il est certain que cet écrit ne fera pas de brûlot et n’attisera pas la passion ni l’effervescence, mais ne laissera pas non plus indifférent et, comme on dit, heureusement que la connerie n’est pas remboursée par la sécurité sociale qui, avouons-le, a d’autres chats à fouetter et surtout beaucoup de pigeons à plumer.
Bref dans l’intérêt général et au lieu de prendre mon mal en patience et de prendre un peu de recul, je prends la plume afin de gribouiller ces quelques lignes. Après les appels au secours et à la raison que j’ai lancés aux politiques pour plus d’emplacements aux biffins et précaires qui sont restés sur le carreau et après ce premier prologue qui a conclu à la création de ce fameux « carré ».
L’heure des responsabilités et du travail a désormais sonné et il n’y a pas de place à la rancune et aux jérémiades. Tous les biffins doivent se serrer les coudes et remonter les manches pour œuvrer et préserver cet acquis fût-il si modeste. Hommage surtout aux plus vieux des biffins ceux qui perpétuent cette tradition contre vents et marées ; cette tradition qui a probablement ses règles et impératifs.
J’envoie ce message clair à tous pour leur rappeler qu’un accueil chaleureux doit être réservé aux visiteurs de notre marché et probables acheteurs, sans omettre de renseigner et d’expliquer le fonctionnement et le but de la biffe aux curieux, un sourire franc et pas commercial doit être affiché sur les lèvres incite souvent à la conversation et au contact que les visiteurs cherchent à nouer. Il arrive qu’un client soit gêné pour demander un prix ou de marchander, soit par timidité, proposez-lui un prix et laissez-lui une marge pour marchander s’il est intéressé par un article et surtout pas de prix fixe ; acceptez pour l’anecdote la carte bleue. L’acheteur doit être à l’aise, l’aborder gentiment et sans insister, c’est souvent payant. Beaucoup de petites gens viennent chercher des produits à des prix modiques et ont du mal à joindre les deux bouts comme nous. Agissant ainsi tout le monde trouve son compte et cela grâce à la générosité de tout le monde. Parler ne coûte rien, renseigner le client s’il le désire sur l’origine de la trouvaille et de l’objet, raconter son origine et son histoire s’il en a et sans baratin.
Seul le Dieu de la biffe dit que, derrière chaque chineur, chaque biffin et chaque objet sommeille une histoire ou un fait marquant le propriétaire qui s’en sépare souvent avec regret et tristesse, mais le besoin prend le dessus souvent et ne laisse pas le choix.
Maintenant et concernant le combat pour plus d’emplacements à Paris et à Saint-Ouen, nous rappelons aux politiques leurs promesses pour l’extension de l’expérience aux autres marchés ou quartiers de la capitale et en voici les principales : le jeudi 15 octobre 2009 à la mairie du 18e lors du bilan du maire M. Delanoë, celui-ci, sa première adjointe, Mme Hidalgo, et M. Vaillant, maire du 18e, ont promis tous d’étendre l’expérience si celle-ci donne satisfaction. Le 19 novembre et cette fois lors du bilan de M. Delanoë à la mairie du 20e, il a promis la création de cent (100) places aux biffins du marché de Montreuil. Sans oublier le mercredi 14 octobre, M. Vaillant affirme haut et fort et mot à mot s’il vous plaît : « Si l’expérience est concluante, elle pourra être reprise ailleurs en Ile-de-France » (voir le quotidien Métro du 14/10/09). Gérald Briant, adjoint au maire du 18e chargé des affaires sociales et de la lutte contre l’exclusion dans le numéro du 18e ensemble de décembre 2009 : « Il ne s’agit que d’une première étape encourageante, un bilan sera dressé à la fin de cette année. » C’est encourageant d’autant plus que les biffins ne lâcheront pas, seront attentifs à leur avenir et à la réussite de cette entreprise. Prenons-les au mot de sorte que cette expérience ne sera pas sans lendemain, notre combat continue toujours dans le respect, l’engagement et la bonne humeur. Et comme on dit, on ne change pas le socle d’une charrue au milieu d’un sillon ; aller toujours de l’avant, manifester quand on juge que c’est opportun, tracter, faire les marchés et qu’en sais-je»?
Une lutte active et massive dans l’union. N’oublions pas que nous sommes tous des sang-mêlés et que l’on fait tous partie de la même famille : la famille humaine. Gardons les pieds sur terre et pas de fanfaronnade, toujours la modestie et pas de vainqueur ni vaincu ; le mépris et la méchanceté, on les laisse à ceux obnubilés par le pouvoir et le règne qui rendront compte tôt ou tard surtout à leur conscience s’ils ne l’ont pas vendus au Diable. Sachez bien, Messieurs les politiques, qu’une montre arrêtée donne l’heure juste deux fois par jour.
Ne sous-estimez pas ces petites gens, si modestes soient-ils. Ils ont des ressources insoupçonnées et sont très déterminés. Ils croient dur comme fer à leur cause juste et ils ont plein de rêves dans la tête, ne se tourmentant pas pour si peu, dites-vous bien et enfin la cerise, ils s’acquittent régulièrement de leurs droits civiques. À bon entendeur Tartuffe. Quant à Madame Rouillon, maire de Saint-Ouen pour ceux qui ne la connaissent pas encore, un emplacement côté Saint-Ouen pour les précaires audoniens embellirait votre image auprès de vos administrés, ainsi que l’image de la ville. L’octroi de ce fameux emplacement légal apportera un peu plus de joie dans le cœur de ces précaires et un peu de beurre dans leurs épinards. Ouvrez, Madame, votre cœur et laissez exprimer le bon côté, on vous l’a toujours dit et répété sans se lasser.
In fine, terminons cette modeste chronique par un sourire s’il en est. D’abord le jeudi 15 octobre 2009 lors du bilan de M. Delanoë à la mairie du 18e et, à deux reprises, M. Daniel Vaillant ont été invités à rendre visite au fameux « carré » qu’il a créé. On l’attend toujours de pied ferme. Il sera bien reçu. Et à propos de la mairie du 18e et à ses services de la voierie et des espaces verts, nous voulons attirer leur attention sur le fait que, sur la petite partie du pont du côté de la rue Louis-Pasteur-Valery Radot et juste en face du bus de l’association Aurore dont la vue panoramique donne sur une palissade verdoyante, qui offre des balades quotidiennes d’une armée ou colonie de rats tôt le matin (ou même en plein jour) posant pour les curieux et des fois aux touristes qui les prennent en photo. Spectacle gratuit et désolant d’autant plus que ces « pestiférés » au regard inquisiteur ne manquent pas, avant de rejoindre leur tanière, et au passage de lancer cette fois un clin d’œil amusé et complice aux biffins, leurs nouveaux voisins, leur souhaitant la bienvenue afin de sceller leur nouvelle cohabitation de bon voisinage. Cela se passe toujours sur la palissade jouxtant la sanisette dont tout le monde attend avec impatience l’inauguration. J’espère que les services de la mairie feront le nécessaire en éradiquant cette peste. J’espère que les amis des animaux ne m’en voudront pas beaucoup et je suis désolé pour nos amis les touristes de les avoir privés de ce spectacle gratuit en souvenir de notre cher « carré », le premier créé dans la ville lumière. La mairie du 18e ne doit pas tendre un miroir dans lequel personne ne se reconnaîtra.

  Ben, le biffin

PS. Le 13 février 2010, M. Vaillant et ses adjoints ont honoré par leur visite le « carré des biffins », si modeste soit-il. Merci à tous. Nous leur avons signalé nos préoccupations, dont acte. Le jour même sur Canal + l’émission « l’Effet papillon » a révélé un M. Briant, adjoint à M. le Maire et, pardonnez du peu, chargé de l’insertion, après avoir brillé par d’anciennes déclarations en traitant les Roumains de « pilleurs » de Relais, il récidive en omettant de souligner avant tout le côté traditionnel historique et primordial de la biffe, origine de la création du marché aux Puces de Saint-Ouen. Quant à ses intentions de s’attaquer à la misère par la promotion de l’insertion, on ne peut que s’en féliciter. Voici la réponse du berger à la bergère qui ne cautionne pas la démagogie ni la politique politicienne qui ne feront que « déborder l’urne. » Merci à tous. »

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26 janvier 2010

« Delenda Carthago »

« Il faut détruire Carthage » (expression indiquant l'acharnement à réaliser ce que l'on a à l'esprit. Caton l'Ancien terminait ainsi tous ses discours devant le Sénat à Rome)

« Convaincus que leur combat est juste et d'agir au nom de la raison et dans la raison, les biffins rappellent à Mme Rouillon, maire de Saint-Ouen, que l'idée de réclamer des emplacements est gravée dans leur mémoire comme le stipule le titre. Pour eux, c'est plus que la quête du Graal. Le combat sera poursuivi, dans le calme et dans l'union, avec détermination et acharnement jusqu’à l'obtention de cette revendication, comme ce fut le cas dans le 18e arrondissement.

Nous sommes fiers, Madame, d'avoir agi et donné un coup de pied dans la fourmilière. Nous sommes fiers d'avoir fédéré des gens en grande précarité (comme l'avait dit Mme Mées, adjointe au maire du 18e, lors de la réunion de pilotage du carré des biffins le mardi 8 décembre 2009). Notre réponse est sans fausse modestie : nous n'avons aucun mérite, Madame.

Dans ce règne de désolation et d'incapacité, nous vous demandons encore une fois, au nom de tous les principes moraux, de regarder devant et de retourner à la raison en prenant une décision favorable pour l'octroi officiel d'emplacements côté Saint-Ouen pour les biffins restés sur le carreau. Peut-être changerez-vous d'avis avec l'arrivée de cette nouvelle année, qu'on vous souhaite bonne, à vous ainsi qu'à tous les membres du conseil municipal de Saint-Ouen, de Paris et du 18e.

Encore une fois, faut-il vous rappeler, Madame, que les biffins sont un maillon fort dans le recyclage des objets trouvés et donc utiles dans la chaîne de consommation. Enfin, chère Madame Rouillon, nous voulons voir nos politiques agir comme des médecins et voir les policiers se comporter en anges gardiens et non en gens d'armes, comme on dit, et ce n'est pas interdit de rêver. Et comme vous l'avez affirmé dans l'émission "Complément d'enquête" sur France 2, le 17 janvier 2010 à 22 h 05, vos services ont un vrai partenariat avec la police. Alors gardez, s'il vous plaît, vos policiers pour combattre la délinquance et non les envoyer au marché aux puces chasser les biffins.

Au bout de la queue : le venin
Enfin un petit sourire sans arrière-pensées et trois mois après l'ouverture du carré des biffins, certains sont contents, mais certains très tristes de ne pas faire partie des "élus", de ne pas jouir de ce droit de travailler dans la légalité et pratiquement sans répressions.

Grâce à ses luttes et à ses engagements contre la précarité, leur maire, une fois n'est pas coutume, doit démontrer plus de vaillance et de coffre à travailler avec le maire de Paris comme ce dernier l'a affirmé le jeudi 15 octobre 2009 lors de la présentation du bilan à la mairie du 18e afin de trouver des emplacements côté Saint-Ouen.

Meilleurs vœux à tous ceux qui nous ont soutenus, défendus et aidés. Nous, les biffins, ne sommes pas rancuniers et nous ne tenons pas compte des âneries et des petitesses de certains esprits non brillants qui continuent dans l'ombre à manifester leur mauvaise foi et leur désaccords en faisant semblant de faire le jeu en pilotant le projet. À bon entendeur Tartuffe !

Bref, comme dit le proverbe : "Le cœur n'a pas besoin de permission pour battre" et donc les biffins doivent toujours rester unis et parler d'une seule voix et surtout rester éveillés comme tsé-tsé qui, dans leurs ébats, ne font pas de préliminaires de peur de s'endormir. Tout doit être fait dans la conviction l'amour et pourquoi pas le plaisir puisque en tout cas on va tous passer. Eh oui ! Nous devons prêcher l'amour du travail et de récupération dans la bonne humeur et le respect de la légalité pour perpétuer la noble et première vocation de notre cher marché. Lieu de convivialité qui a été oublié et violé longtemps par les Dieux et par les politiques. Nous avons juré et pris l'engagement de lui redonner, avec tous ceux qui le veulent, sa virginité car nous l'aimons tous. »

Ben, biffin.
Membre actif de l'association « Sauve qui peut »

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20 novembre 2009

La signature de la pétition continue

Pour soutenir les "sans place", venez nombreux signer la pétition ce week-end
samedi 21, dimanche 22 novembre de 10 heures à 17 heures
à la porte Montmartre sous le pont du périphérique où Sauve-qui-peut installe sa table.


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13 novembre 2009

2800

2800, c’est le nombre de personnes qui depuis le 17 octobre ont signé la pétition pour soutenir les << sans place >>.
2800 acheteurs, passants, habitants de Paris ou d’ailleurs, biffins.
Vous pouvez aussi apporter votre soutien :
en venant le prochain week-end (samedi 14, dimanche 15 ou lundi 16 novembre, de midi à 17 heures ) à la porte Montmartre sous le pont du périphérique où Sauve-qui-peut installe sa table.

                                                                                                            PIC_0040


Texte de la pétition :

Parce que la répression contre les biffins n’a réglé aucun problème, nous demandons à Madame Rouillon, maire de la commune de Saint-Ouen, de prendre ses responsabilités et de créer rapidement des emplacements pour les biffins sur son territoire. Il serait incompréhensible pour les biffins, les habitants et les acheteurs que l’on organise sur le 18e arrondissement et que l’on chasse sur Saint-Ouen.

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11 novembre 2009

"Commentaires" ou "Contactez l’auteur"

À tous les visiteurs de ce blog qui nous laissent des messages d’encouragement, de soutien, de solidarité et d’amitié, un très grand merci !
L’hiver arrive et les biffins auront encore bien besoin de toute votre humaine chaleur.

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06 novembre 2009

Lettre ouverte à Mme Rouillon, maire de Saint-Ouen

Lundi 2 novembre, biffins et habitants solidaires se sont rassemblés devant la mairie de Saint-Ouen, où se tenait le conseil municipal.
Avec leurs banderoles, ils réclament haut et fort des emplacements, puis se rendent dans la salle du conseil, où Mme Rouillon, maire de Saint-Ouen, leur promet de pouvoir prendre la parole en fin de conseil. Paroles, paroles, paroles !
Ben le biffin lui adresse cette lettre ouverte :

                        Bonne nuit Madame le Maire,

Madame le Maire, perturbée, désarçonnée par les cris des biffins manifestant leur colère au -dessous des fenêtres de sa mairie, mise K.O. par les coups de boutoir répétés des élus d’opposition de droite qui entre autres lui rappellent qu’il y a des biffins au fond de la salle de conseil qui attendent la fin des délibérations de l’ordre du jour pour intervenir comme leur a promis Madame le Maire. Ayant l’air d’être sortie de l’ivresse des profondeurs, elle n’en pouvait plus ; elle décide d’envoyer les biffins à ses adjoints qui à leur tour rempilent et quittent la salle sous la colère et les huées des biffins, de certains adjoints et de quelques citoyens assistant au conseil  municipal de ce lundi 2 novembre 2009.

Il est minuit passé. Quel spectacle pitoyable et quelle dérobade ! On croirait rêver ! : des élus d’opposition de droite défendant et soutenant des biffins qui sont venu et ont attendu jusqu’à cette heure tardive non pas pour demander la charité mais des espaces côté Saint-Ouen pour permettre aux biffins restés sur le carreau d’exercer leur activité. On ne rêve pas et on a l’impression de marcher sur la tête.

Continuant à manifester pacifiquement devant la mairie, trois quart d’heure après minuit, après s’être presque faits jeter de la mairie, je dis bien presque, manu militari, les biffins étaient blessés dans leur âme, toujours méprisés, se dispersaient vers une heure du matin en promettant à Madame le Maire Rouillon une lutte sans merci, une campagne active dans sa propre campagne des Régionales qui s’approchent.

Ils reviendront manifester dans le calme, le pacifisme, la légalité. Oui. Ils reviendront lors des conseils municipaux, expliquant dans les marchés de Saint-Ouen, du 18ème, aux citoyens, la politique sociale menée par une élue de gauche, oubliant les pauvres et les méprisant. Une politique sociale qui n’est que zéro de chez zéro. Madame Rouillon, petite sœur des pauvres, les biffins n’iront pas pleurer et prier à notre dame des sept douleurs. Malgré que ces petites gens qui sont marquées à vie par le fer rouge et qui n’ont eu qu’une vie pauvre en joie et riche en misère, leur cri et leur manifestation, vous l’entendrez où que vous irez. Son écho résonnera dans votre salle de conseil et criera urgence.
Madame, les biffins vous le jurent par les cornes du diable que les citoyens audoniens seront au courant de votre mépris pour ces petites gens et vous le feront savoir dans les urnes. Car beaucoup de biffins, Madame, habitent Saint-Ouen et beaucoup parmi eux s’acquittent de leur devoir civique.

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Arrêtez Madame le Maire vos calculs d’apothicaire et ouvrez votre cœur pour que ces pauvres gens puissent retrouver le sourire pendant ces fêtes. Ce marché, qui appartient avant tout aux biffins, ce marché historique qu’on aime, ce marché oublié par les Dieux et les politiques se relèvera des ses cendres et reprendra, grâce aux biffins, sa vocation essentielle et traditionnelle : être au service des nécessiteux sans parler du côté convivial gravé dans le cœur des gens qui le fréquentent.

Enfin, Madame le Maire, nous vous suggérons d’oublier ces réflexes politiques pavloviens qui consistent à mépriser les pauvres et de sortir de ces pratiques stériles qui ne vous font que vous engluer dedans et de prendre des décisions qui vous honorent et vous font respecter et aimer par vos citoyens.


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01 novembre 2009

Pour les sans place, la mobilisation continue

Pour que d’autres espaces soient créés d’urgence pour les biffins, entre autres sur la commune de Saint- Ouen, Sauve-qui-peut et le Comité de soutien appellent à un nouveau

RASSEMBLEMENT

lundi 2 novembre à 18H

(rendez-vous sous le pont de la Porte Montmartre)

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25 octobre 2009

D'autres espaces pour les biffins : rassemblement de soutien

Ces dernières années, la répression policière à l’encontre des biffins était devenue de plus en plus violente et injuste. Aujourd’hui, la mairie du 18e apporte un début de réponse avec le « Carré aux biffins » sous le pont de la Porte Montmartre, mais ce carré ne compte que 100 places pour plus de 600 vendeurs : il laisse donc la majorité sans place, en proie à une répression qui s’annonce encore plus violente et injuste qu’auparavant.
Dans notre société de consommation et de gaspillage, le travail de recyclage des biffins est écologiquement indispensable, et d’autant plus légitime en période de crise où il est très utile aux acheteurs pauvres... et/ou écolos !
Et c’est tout simplement pour survivre que les biffins ont besoin de ces places ! Des espaces devraient leur être attribués partout où le besoin s’en ressent (belleville, montreuil, vanves…)
C’est pourquoi nous appelons à nous rassembler pour que d’autres espaces soient créés d’urgence pour les biffins, ENTRE AUTRES sur la commune de Saint Ouen.

RASSEMBLEMENT
Lundi 26 octobre à 19h
Rendez-vous sous le pont de la Porte Montmartre

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