Les Biffins de la Porte Montmartre (puces de Saint-Ouen)

Les Biffins de la Porte Montmartre (puces de Saint-Ouen)

28 mars 2010

Dans le 19e arrondissement, la mairie en guerre contre les biffins

Ce 22 mars, le conseil d'arrondissement du 19e mettait aux voix un vœu (voir ci-dessous texte en italique) pour la répression des biffins de ce quartier de Paris. Ensemble, biffins de la porte Montmartre et de Belleville ont aussitôt réagi :

                Face à M. Madec, maire du 19e, et à la guerre contre les biffins


                Venez nombreux lundi  22 mars au conseil d’arrondissement 19e
                                    5/7 place Armand Carrel 75 019


Oui à L’ORGANISATION D’UN MARCHE SOCIAL DE LA RECUPERATION
Non à LA REPRESSION DES BIFFINS

Les biffins sont des personnes à faibles ressources (voire sans) qui vendent des objets récupérés (en général dans nos poubelles) qu’ils remettent en circulation à portée de bourse de tout un chacun : ainsi ils contribuent à leur manière au recyclage et luttent contre le gaspillage.

M. Madec, nous trouvons votre proposition de vœu franchement nauséabonde
M. Madec, plutôt que de répondre dignement aux besoins des biffins, vous préférez participer à amplifier le mal-être autour de cette question en jouant sur les peurs que peuvent susciter des pauvres qui occupent un espace non organisé (de votre fait) près des habitants. Ce n’est certainement pas une très bonne réponse et manière de régler un problème qui relève de vos propres compétences plutôt que de la police qui a bien assez à faire ailleurs.

Les biffins vous invitent donc à être créatif et responsable sur votre arrondissement pour leur organiser un espace et donner ainsi aux riverains toute la quiétude qu’ils méritent. Cette solution, M. Madec vous honorerait. Pour cela, nous vous invitons donc à prendre contact avec  la mairie du 18e et M. Delanoë, qui n’hésitent pas à mettre dans leur bilan l’organisation sur la porte Montmartre d’un marché pour les biffins.

Nous rappelons que les biffins sont soutenus en premier par les acheteurs et par nombre de personnes et d’associations ainsi que par des partis politique responsables.

M. MADEC
LA REPRESSION NE PEUT ÊTRE UNE SOLUTION
POUR REGLER UN PROBLEME


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Vœu relatif à l’occupation illégale
du domaine public dans le quartier « Bas Belleville »



Depuis plusieurs mois, la place Marcel Achard et plusieurs portions du boulevard de la Villette sont occupés quotidiennement par un « marché sauvage » et « des vendeurs à la sauvette » exposant les habitants de ce quartier populaire à une dérégulation de l’espace public qui ne serait pas tolérée dans d’autres quartiers de Paris et entraînant des dégradations importantes de l’environnement, notamment un amoncellement de détritus en tous genres laissés à même les rues à la fin de l’occupation du site.

Cette dérégulation n’est pas tolérable dans un quartier où les habitants subissent déjà de nombreuses incivilités (stationnement anarchique des véhicules, dépôt d’objets encombrants sur le trottoir, privatisation sauvage des trottoirs par certains commerces…). Il est inacceptable de leur donner le sentiment d’un renoncement des pouvoirs publics face au « fait accompli » de groupes organisés en marge du droit, y compris du droit du travail.

La Ville veille naturellement à faciliter l’accès des populations précaires ou très modestes aux biens de consommation, en lien avec le réseau associatif, mais dans des cadres appropriés : politiques sociales, partenariat avec Emmaüs Défi qui a déjà permis l’ouverture d’un « bric-à-brac » de quartier rue d’Aubervilliers…

Aussi, le conseil du 19ème arrondissement condamne sans ambiguïté l’installation de ce « marché sauvage » et exige de la Préfecture de Police son démantèlement.

Mairie du 20e - Conseil d’arrondissement du 28 janvier
Conseil d’arrondissement du 19e

Séance du lundi 22 mars 2010

Vœu relatif à la tranquillité publique dans le 19e



Considérant que le droit à la tranquillité et à la sécurité est reconnu par la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen et que le non respect de ces droits constitue une inégalité sociale supplémentaire ;
Considérant que les habitants du 19e ont le droit à la protection de l’Etat et des fonctionnaires de Police qui dépendent de lui ;
Considérant que les enfants, les adolescents, les femmes ou les personnes âgées sont parmi les plus vulnérables à la « loi du plus fort » imposée par certains comportements délictueux ;
Considérant que l’abandon en 2002 de la Police de proximité par le Ministre de l’Intérieur de l’époque, confirmé par le Président de la République et le gouvernement depuis 2007 ainsi que la suppression programmée de 5000 postes de policiers d’ici 2011, dans un contexte d’approfondissement de la crise économique et sociale du pays, se traduisent par une aggravation et une généralisation des atteintes à la tranquillité des habitants dans les espaces privés (halls d’immeubles) et publics ainsi que celle des commerçants victimes de très nombreux braquages ;
Considérant que la « politique du chiffre officiel» imposée aux fonctionnaires de police s’est traduite sur le terrain par un désengagement des missions les moins médiatisées mais qui sont souvent les plus pénalisantes pour la population ;
Considérant que la Ville de Paris et la Mairie d’arrondissement, bien que démunies de pouvoirs de police, mobilisent des moyens sans précédent en soutien aux clubs de prévention, aux structures de prise en charge sanitaire de la toxicomanie ou par la mise en place d’équipes de correspondants de nuit, dans un contexte de désengagement du gouvernement des politiques de prévention sociales, éducatives et culturelles ;

Considérant que la Mairie du 19e est engagée dans une démarche partenariale et constructive de coproduction avec les services de la Préfecture de police, qui va se concrétiser par la signature de son contrat local de sécurité le 1er Avril 2010 ;
Le Conseil d’Arrondissement du 19e émet le vœu que la Préfecture de Police et le Gouvernement prennent la mesure de la dégradation de la situation en matière d’atteinte aux droits des habitants du 19e de vivre en sécurité et dans le respect de leur intégrité physique, psychologique et matérielle et mobilise les moyens publics d’investigation et d’intervention nécessaires.

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