13 février 2009
« Monsieur le maire de Paris, Madame la mairesse du 20e arrondissement »
Ce 28 janvier, lors du compte-rendu de mandat du maire de Paris, à la mairie du 20e, Samuel, membre du comité de soutien, voulait s’adresser au maire de Paris ainsi qu’à la mairesse du 20e arrondissement. On ne lui en a pas laissé le loisir. Voici, ici, ses questions :
« Monsieur le maire, madame la mairesse,
Les marchés à la sauvette accueillent de plus en plus de monde (qu’ils soient acheteurs ou vendeurs), c’est ce que j’observe depuis quelques années à Paris dans le 20e à la porte de Montreuil, mais aussi au métro Couronnes, dans le 19e à Belleville, dans le 18e à la Porte Montmartre, à Montreuil, à Bagnolet, à Saint-Ouen. Comme ce petit commerce de récupération, qui ressemble beaucoup à la réalité des mots suivants : tri sélectif, recyclage,commerce solidaire, comme ce tout petit commerce donc est une nécessité en ces temps de crise, de chômage, de précarité, de baisse du pouvoir d'achat, pourquoi y a t'il autant de répression à l’encontre de ces personnes qui vendent pour gagner trois fois rien. Trois fois rien… est-ce déjà trop ? de combien disposent-ils par mois ? ce sont des retraités pour la plupart. Des travailleurs pauvres, toutes des personnes fragiles, du moins économiquement. Pourquoi vous, les maires de ces villes et de ces arrondissements les criminalisez-vous encore et toujours, à travers votre manque de tolérance et votre répression, en leur manquant le respect dû ?
Vous répondez que cela ferait du tort aux commerçants qui ont un numéro au registre du commerce ? que cela n'est pas légal ? que cela est une source de nuisance pour les riverains ? Mais les « restaus du cœur » existent sans faire concurrence aux restaurateurs ! Les accueils d'urgence existent sans nuire aux hôtels !
Il semblerait que tous les efforts soient faits pour empêcher ces marchés, pourquoi ne pas inverser la vapeur… il serait temps… Pourquoi ne pas créer des marchés de la récupération ? Il y a à Paris environ mille vendeurs-récupérateurs, c'est beaucoup pour un seul maire, mais c’est peu pour plusieurs à la fois. Est-ce une utopie de croire que cela est possible et que vous allez le faire ? Merci de m’avoir écouté et par avance merci de me répondre. »
12 février 2009
Tract du 28 janvier à la mairie du 20e
Le 28 janvier, M. Delanoë rendait compte à la mairie du 20e arrondissement de son mandat. Les membres du comité de soutien et de l'association Sauve-qui-peut ont distribué ce texte, qui a reçu un accueil très favorable de la part des... habitants présents :%20recto.jpg)

• Quant à M. Delanoë, maire de Paris, il les prend de très haut lorsqu’ils
l’interrogent à l’occasion de ses « comptes rendus de mandat », les faisant
passer pour des égoïstes, soucieux de leur seule situation, en quête d’aides
sociales, tandis que lui mènerait une audacieuse politique de solidarité pour tous.
Est-ce que ce sont là des attitudes que l’on attend d’élus du peuple ?
Non, les biffins ne quémandent pas et n’aspirent à aucun privilège. Ils veulent que les
pouvoirs publics cessent tout simplement de les persécuter et les laissent gagner
dignement les fruits de leur travail.
Ceux qui s’imaginent pouvoir régler le « problème » en les chassant se trompent
lourdement et trompent la population. La plupart des biffins viennent vendre par
nécessité vitale, ils reviendront coûte que coûte, comme ils l’ont toujours fait.
Pressée par l’écrasement de son pouvoir d’achat, une part croissante de la
population aura besoin de leurs services. La résistance à la répression s’organise donc.
Le rapport de l’ADIE montre qu’il est possible d’organiser la vente dans de bonnes conditions,
avec un espace clairement délimité et un service de propreté en fin de marché. La nature des objets
pouvant être vendus et des règles de propreté pourraient être fixées par une charte à laquelle chaque vendeur
devrait se conformer pour être autorisé à vendre en versant une petite contribution.
C’est ce que doivent faire M. Delanoë et les maires des arrondissements et communes limitrophes concernés,
comme déjà en d’autres villes, au lieu de pourchasser les pauvres !
Avec nous, exigez :
– l’arrêt de la répression à l’encontre des biffins, sur tout Paris
– l’organisation de marchés des biffins sur tous les sites de vente,
sur des périmètres et selon des modalités définis en concertation avec les habitants
04 février 2009
Des biffins interpellent le maire de Paris

